Pailler le jardin : guide du débutant

Le paillage est une méthode de jardinage importante, consistant à couvrir le sol autour des plantations avec des produits organiques ou minéraux. Cette pratique ancienne, aujourd’hui remise au goût du jour, a de nombreux avantages pour le sol, les plantes et même le jardinier. Voici tout ce que vous devez savoir sur comment pailler votre jardin, quels types de paillage utiliser et ce qu’il ne faut pas faire.

Pourquoi utiliser du paillage dans mon jardin ?

La raison la plus importante de pailler est de couvrir le sol pour qu’il ne se dessèche pas autant, spécialement en cas de forte chaleur. Le paillage du sol empêche l’eau de s’évaporer aussi vite, réduisant ainsi significativement la quantité d’arrosage nécessaire.

Cela aide aussi à stopper la croissance des mauvaises herbes en supprimant la lumière essentielle à leur germination. De plus, certains paillis comme la paille, les feuilles mortes ou le BRF (bois raméal fragmenté) se dégradent lentement et ajoutent de la matière organique au sol, améliorant ainsi la vie microbienne et la structure du sol.

Un sol paillé est également plus résistant aux fortes pluies, qui peuvent provoquer la formation de croûtes en surface et entraîner du ruissellement. En hiver, le paillage agit comme un isolant, protégeant les racines du gel.

Quels matériaux vais-je avoir besoin pour un paillage réussi ?

Il existe deux grandes catégories de paillage : le paillis organique et le paillis minéral.

Le paillis organique est le plus souvent utilisé au jardin. Des exemples incluent la paille, le foin, les feuilles mortes, les tontes de gazon sèches, l’écorce de pin, les coques de cacao, le BRF et les résidus de culture. Le paillis organique a l’avantage de se décomposer avec le temps et de fertiliser le sol. Il est particulièrement adapté aux potagers, aux massifs de fleurs et aux haies.

Par exemple, le BRF est le plus adapté aux arbres fruitiers et aux arbustes, puisqu’il favorise la formation d’humus stable. La paille est idéale pour les cultures de légumes comme les pommes de terre ou les tomates.

Les paillis inorganiques comme le gravier, la pouzzolane, l’ardoise concassée ou les billes d’argile ne se décomposent pas. Ils sont généralement utilisés pour les plantes en pot, les rocailles ou les massifs ornementaux en milieu sec. Ils durent longtemps, mais ne nourrissent pas le sol.

Le paillage se fait tout au long de l’année, mais le printemps et l’automne sont des périodes préférables. Au printemps, il préserve l’humidité du sol avant la chaleur estivale. En automne, il protège les racines du froid et nourrit le sol pendant l’hiver.

Il est important de pailler sur un sol propre et humide. Avant d’installer le paillage, il est conseillé de désherber soigneusement la zone, d’arroser le sol, puis d’étaler une couche de paillis de 5 à 10 cm d’épaisseur. Trop mince, ce serait inefficace, tandis qu’une couche trop épaisse pourrait empêcher l’air de circuler.

Pensez à adapter le type de paillis à vos cultures : les jeunes plants préfèrent souvent des paillis fins (tontes, feuilles), tandis que les arbres supportent des paillis plus grossiers (BRF, écorces).

Les erreurs à éviter

Certaines erreurs peuvent diminuer les bénéfices du paillage. La plus courante est de pailler un sol sec, ce qui piège la sécheresse. Arrosez toujours avant de pailler. Évitez aussi d’étouffer les plantes : laissez un espace de quelques centimètres autour des tiges ou des troncs pour éviter les maladies.

Un deuxième point d’attention : certains paillis, comme les tontes de gazon fraîches ou le foin non composté, peuvent fermenter ou contenir des graines indésirables. Utilisez seulement des matériaux secs, bien aérés et de préférence compostés.

Enfin, surveillez l’évolution du paillis. Les paillis faits de matière organique se décomposent avec le temps et devront être remplacés périodiquement. C’est un processus bénéfique pour le sol, mais qui demande un petit suivi pour qu’ils restent efficaces.

Pailler est un geste simple mais puissant pour améliorer la santé de votre sol, économiser de l’eau et réduire l’entretien du jardin. En choisissant le bon paillage, au bon moment et avec la bonne méthode, vous donnez à votre potager, vos massifs et plantations un climat plus stable, plus fertile et plus résistant. Un petit effort pour un grand résultat !